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« Pendant longtemps on s’est amusé à confectionner des costumes pour nos potes DJ qui mixaient dans des lieux parisiens mythiques. Un jour on s’est dit qu’on pourrait habiller d’autres personnes, intéressées par notre démarche, notre philosophie du vêtement » raconte Margaux Arabian, sylphide de 26 ans à l’allure résolument rock et passionnée par la sape. Après une formation en plumasserie, elle décide de lancer avec son amie Marina Muller leur propre marque. A à peine 30 ans, cette styliste de formation à la chevelure incandescente et au style romantico-punk côtoie le monde de la mode depuis presque dix ans. En 2012 elles créent Mama Culpa. Leur idée ? Redonner vie à des vêtements chinés aux Puces ou lors de ventes aux enchères, comme celle de juin 2012 où la collection d’Hélène Martini, propriétaire des Folies Bergères pendant plus de trente ans, est mise en vente. Elles y achètent des trésors. Ce qui les inspire ? L’univers des cabarets, le French Cancan mais aussi l’ambiance électrique des soirées techno qui les bercent depuis des années.

« Beaucoup de danseuses font appel à nous. Ce qui leur plaît c’est que nous comprenons exactement ce dont elles ont besoin. Il faut que le vêtement accompagnent leurs mouvements quand elles dansent, qu’il soit comme une seconde peau » explique Marina. Dernière création en date, la Robe d’Eva la Vamp. A l’origine, une robe de Cancan achetée lors de cette vente qu’elles ont entièrement retravaillées pour en faire une robe transformable, pouvant être à la fois robe de Cancan et robe de Tribal Fusion. Autre pièce à histoire : le cabas Mama Culpa. Acheté à la Coopérative des Pêcheurs de Boulogne sur Mer, elles l’enrichissent de noeuds brodés à la main par les anciens ateliers des Folies Bergères.

« La transformation du vêtement, de l’accessoire, c’est vraiment fondamental pour nous ». Mama Culpa s’inscrit ainsi dans les problématiques propres à notre société : recycler, transformer, faire durer. Tandis que la mode aujourd’hui se renouvelle de manière effrénée, ces deux créatrices font renaître de vieilles endormies et leur redonnent vie après des heures de travail, entièrement réalisé à la main. « Car le travail artisanal est pour nous quelque chose de précieux »…

Aux pieds de la Butte Montmartre, les créations de Mama Culpa seront exposées pendant trois jours, du 23 au 25 mai, au Bon Coin, bistrot dans lequel les deux créatrices ont l’habitude de retrouver leur joyeuse bande. Bijoux à plumes, bibis, cabas et vêtements seront à découvrir parmi les pièces d’autres créateurs proposant accessoires de mode, vêtements vintage, créations contemporaines et autres objets de mode le tout dans une ambiance festive ponctuée de performances.

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Dernière semaine pour aller voir l’exposition pointue consacrée à Marithé et François Girbaud, L’autre jean, à St Etienne !

Dotée d’un patrimoine hors norme – les créateurs ont gardé presque chacune des tenues de leurs défilés – minutieusement conservé par Sylvie Marot, responsable des archives de la maison depuis plusieurs années, la maison Girbaud expose ses vêtements cultes.

Passionné depuis toujours par les innovations techniques dans le domaine du textile et du vêtement, le couple de créateurs a su réinventer des matières comme le cuir et le jean. L’idée : rendre les vêtements adaptés à l’air du temps, à une vie en mouvement perpétuel, active, nomade et urbaine.

Filez vite découvrir cette expo présentée au musée d’Art et d’Industrie de St Etienne, jusqu’au 6 mai prochain.

http://www.lautrejean.blogspot.fr/p/presse.html

Futurotextiles : une exposition fascinante autour des nouvelles technologies appliquées au textile.

Léa PeckreLa Wooden Textile Dress de Léa Peckre

Installée en 2006 au Tri Postal à Lille, Futurotextiles ne cesse depuis de voyager. Présentée notamment à Istanbul en 2007, Kortrijk en 2008, Bangkok et Casablanca en 2009, Jakarta et Shangaï en 2010, l’exposition s’est installée depuis février dernier à la Cité des Sciences et de l’Industrie à Paris.

C’est une véritable exploration dans l’univers des textiles dits techniques et innovants qui nous est proposée. Cette exposition met en évidence l’importance des recherches essentiellement européennes dans le secteur textile autour d’applications et de créations à la fois innovantes et surprenantes. Une carapace de crabe, un caillou de basalte ou encore une betterave sont autant de matières premières qui peuvent donner naissance à une fibre textile.

L’exposition met en valeur la diversité des domaines d’applications de ces nouveaux textiles : la protection (contre la chaleur, le feu, le froid…), l’habillement, le sport, la santé, les transports, l’univers de la maison, la construction et l’architecture ou encore les géotextiles.

Si cette exposition propose un voyage scientifique et technologique, elle permet aussi de découvrir une sélection d’oeuvres contemporaines, de plasticiens, stylistes, designers et architectes.

Dans le domaine de la mode, Pierre Cardin, Paco Rabanne et André Courrèges font partie des premiers créateurs qui se sont frottés à de nouveaux matériaux. On se rappelle en effet des robes en métal de Paco Rabanne présentées lors du célèbre défilé « Douze robes importables et matériaux contemporains » en 1966.

Parmi les pièces exposées : la robe très poétique de la créatrice Léa Peckre, lauréate du festival d’Hyères en 2011, la Wooden Textile Dress. Co-créée avec la designer allemande Elisa Strozyk, cette robe façon origami en bois invite à la rêverie.

Alors filez vite à la Cité des Sciences pour découvrir cette expo, jusqu’au 14 juillet prochain.

LinderLe Musée d’Art Moderne de la ville de Paris présente jusqu’au 21 avril prochain une exposition sur Linder. Artiste anglaise née sous le nom de Linda Mulvey en 1954, elle grandit près de Manchester, là où à partir de 1976 le mouvement Punk est en plein essor.

Artiste, punk et féministe, évoluant dans un milieu où le « Do-it-yourself » prévaut, Linder créé ses premiers photomontages en 1976. L’idée : mixer des photos provenant de magazines dits féminins (déco et mode) et de magazines dits masculins (automobile, bricolage et porno). Selon ses propres mots, elle « accouple » ces images afin de faire naître une « espèce » à mi-chemin entre la femme et l’objet, décoratif, sexuel…

Autre découverte de l’expo : la vidéo de son concert donné en 1982 où elle porte une tenue faite… de morceaux de viande récupérés dans les poubelles d’un restaurant. Et oui, finalement Lady Gaga n’a rien inventé !

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Jusqu’au 12 mai se tient une exposition sur Laure Albin Guillot au musée du Jeu de Paume. Figure de proue de la photographie classique des années vingt, elle s’illustre aussi dans la photographie de mode et commence à collaborer avec Vogue en 1922 mais aussi le Jardin des modes, L’Officiel de la couture et de la mode ou encore Fémina. Elle fait poser ses mannequins à la manière des modèles pour leurs peintres. Son style est élégant et sobre et de nombreuses maisons font appel à elle pour photographier leurs modèles. Patou, Hermès, Nina Ricci; Lanvin, Vionnet, Heim… autant de noms qui s’associent à celui de la photographe. Son activité est prolifique : illustration d’ouvrages, publicités, portraits… Mais l’un de ses plus beaux ouvrages est certainement son livre Micrographie décorative publié en 1931. Vingt planches de diatomées, minéraux et autres végétaux saisis au microscope le composent. Pour celles et ceux qui sont passionnés comme moi par les motifs et l’art décoratif, cette partie de l’oeuvre de Laure Albin Guillot est à découvrir absolument !

Alexander McQueen

Disparu en février 2010, le créateur britannique ne cesse de fasciner. Après une exposition monographique présentée au Metropolitan Museum à New York en mai 2011, un ouvrage entièrement consacré à l’un des plus grand génie de la mode vient de sortir, écrit par l’historienne de la mode Judith Watt

A 16 ans, il quitte l’école et endosse les habits d’apprenti chez un tailleur de Savile Row, quartier ô combien célèbre de Londres pour ses costumes sur-mesure. Il y apprend la rigueur de la coupe, les différentes méthodes pour la taille des patrons. A 20 ans, il part pour Milan et s’exerce comme tailleur de patrons chez Roméo Gigli. Mais c’est son passage à la célèbre St Martin’s School qui sera déterminant, là où il trouvera son style. Théâtral et macabre, mettant en scène le corps comme personne, Alexander McQueen est très vite repéré et devient le DA de Givenchy en 1996. Mais là où il excellera c’est quand il sera aux commandes de sa propre maison fondée en 2002. On se souvient de ses défilés majestueux, notamment celui pour sa collection printemps été 2004, remake du film de Sydney Pollack On achève bien les chevaux. Un véritable spectacle en soi où les mannequins deviennent de véritables performeurs. On se souvient aussi de son soutien sans faille à sa grande amie Kate Moss, qui au moment du scandale « Cocaïne Kate », lui rend hommage lors de son défilé en mars 2006 au Louvre. Un alignement de faisceaux lumineux conçue à l’effigie de la top apparaît à la fin de la présentation de la collection. En créant cette apparition, le couturier la canonise. Véritable génie, Alexander McQueen a pourtant mis tragiquement fin à ses jours le 11 février 2010.

En attendant d’avoir un jour à Paris une exposition de son oeuvre, on peut donc patienter avec ce très beau livre qui retrace le parcours de cette figure incontournable de l’histoire de la mode.

Valentine Gauthier

Pour continuer avec les imprimés, focus sur les créations de Valentine Gauthier, qui excelle dans le mix entre nonchalance et raffinement.
Je suis tombée raide dingue de la série Nebuleuse Print pour sa collection SS 13. Toutes les pièces me font envie ; le sweat, la jupe, la robe… qui se marient à merveille avec à peu près tout !